Faire une traduction sans bon de commande ? Cela dépend…

26 January 2021

Bon de commande traduction
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Ce billet est destiné à répondre à une question fréquente et récurrente posée par les traducteurs indépendants :

Est-ce que je peux travailler avant d’avoir reçu le bon de commande ?

« Est-ce que j’ai le droit d’exiger le BDC avant de commencer une traduction ? »

 

Cette question, a priori assez administrative et technique, est pourtant révélateur d’un lien de subordination (réel ou perçu) entre le traducteur indépendant et le donneur d’ordre (souvent une agence, mais pas que !). En gros, le traducteur n’adopte pas une posture d’expert externe et il se pose beaucoup de questions sur ce que le client a « le droit » de lui demander (voire de lui imposer) ou sur ce qu’il a « le droit » de faire en tant que « simple » traducteur…

Si vous posez souvent des questions qui commencent par « est-ce que j’ai le droit de… », restez avec nous jusqu’à la fin de ce billet 😀 !

 

Pourquoi un traducteur freelance travaille-t-il sans BDC ?

Le traducteur, qui se sent sous pression de la part du client (urgence du délai, demandes répétées du client de démarrer sans le bon de commande), essaie de travailler rapidement et correctement (par peur de paraître procédurier ou difficile, par peur de perdre le client) et… plusieurs heures (voire plusieurs jours) plus tard, il n’a toujours pas de confirmation écrite de la commande. Il commence à se poser des questions…

Pour moi, il serait impossible de travailler correctement dans un contexte pareil, à me demander si le projet est confirmé ou pas et si je vais être payée un jour…

 

Est-ce normal ?

« Fréquent » oui, « normal » pas du tout ! En tant que traducteur freelance, vous êtes une entreprise. Et en tant que chef d’entreprise, vous avez un certain nombre de devoirs envers votre client mais également, et surtout, envers vous-même !

Vous devez notamment protéger votre petite entreprise contre les risques d’impayés et baliser la relation commerciale avec un certain nombre de documents.

Les documents commerciaux de base du traducteur sont : devis, CGV, bon de commande, bon de livraison, facture.

Le devis de traduction :

Le devis de traduction doit comporter un certain nombre d’éléments. C’est le devis qui récapitule le besoin du client et qui détaille les prestations qui seront commandées et livrées. Le devis doit notamment répondre aux questions suivantes :

  • Le « quoi » : qu’est-ce que le client fournit ? Quel format de fichier ? Est-ce que ce fichier est modifiable ou pas ? Quel est le livrable ? Sous quel format ?
  • Le « combien » : quel est le volume à traiter ? Le nombre d’heures ou de mots ? Le prix final ? Est-ce que le prix final est ferme ou basé sur une estimation ? Si le prix est estimé, qu’est-ce qui est convenu avec le client pour une éventuelle surfacturation ? Quels sont les délais et modalités de paiement ?
  • Le « comment » : quelles sont les étapes du projet ? Qui traduit ? Qui relit ? Combien d’allers-retours de corrections et de modifications sont compris dans le devis ? Est-ce qu’il y a une maquette ou un BAT (bon à tirer) à contrôler ou à valider ?
  • Le « quand » : quelle est la date de validité du devis ? la date de livraison ? les dates des étapes intermédiaires éventuelles (corrections, modifications, contrôle de la maquette, etc.) ? Que se passe-t-il si le client ne respecte pas les délais ?

Le devis doit être accompagné de vos CGV ou Conditions Générales de Vente. La SFT (Société française des traducteurs) propose des CGV recommandées et validées par un juriste.

 

Les Conditions Générales de Vente des prestations de traduction (CGV) :
  • A joindre à tous vos devis et à faire signer par le client
  • Définissent les droits et devoirs des deux parties
  • Modèle disponible sur le site de la SFT à faire valider par votre juriste si vos prestations sortent de ce cadre (missions sur site chez le client, etc.)

 

Le bon de commande :
  • Devis signé par le client avec la mention « bon pour accord » sans aucune modification
  • Il peut aussi être un document émis par le client

Dans ce deuxième cas, attention aux CGA (Conditions Générales d’Achat) ou BDC (Bon de Commande) du client !

  • A lire attentivement et surtout ne pas signer de document qui est en conflit avec vos CGV et qui vous expose à des sanctions (dommages et intérêts, non-paiement des prestations) à la seule discrétion du client

 

Le bon de livraison (ou un mail type de livraison avec accusé de réception) :
  • A envoyer avec votre traduction ; preuve que le client a reçu et a accepté votre traduction (dans les conditions énoncées dans vos CGV)

 

La facture :
  • Les mentions obligatoires sur une facture changent selon votre statut (entreprise, travailleur indépendant, autoentrepreneur…) et le statut de votre client (UE, hors UE, etc.). Renseignez-vous auprès de votre expert-comptable pour vérifier la conformité de vos factures !

Par Sara

Je vous livre les méthodes pour vous permettre de faire le ménage dans votre clientèle, affiner votre offre, affirmer votre valeur ajoutée, vous positionner comme expert et développer une activité de traduction valorisante, épanouissante et pérenne ! Avant de devenir traductrice en 2003, j’ai travaillé dans l’enseignement et la formation pendant dix ans. J’ai obtenu la certification Qualiopi pour la formation professionnelle en mars 2021 et je suis devenue coach professionnelle certifiée (Institut de Coaching International de Genève) en juin 2021.

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